Procès des Khmers Rouges Kampot by Cleho
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Archives pour juillet 2009

dimanche 26 juillet 2009

Le procès de Duch a été l’occasion pour certaines organisations de sortir de leur chapeau de « nouveaux survivants » de S21. Certains aux histoires simples, certains aux histoires rocambolesques. Presque tous parties civiles. Ils ont raconté leur vie sous le Kampuchéa démocratique, répondu aux questions de la cour mais ce sont les juges qui donneront probablement le fin mot de l’histoire, dans quelques mois.

mercredi 22 juillet 2009

Duch conteste des éléments du témoignage de Prak Khân, sans brio. (Anne-Laure Porée)

Mercredi 22 juillet, dernière journée d’audience pour l’ancien interrogateur Prak Khân. Duch n’est pas à l’aise avec ce témoignage. Heureusement pour lui, personne ne l’exploite suffisamment pour lui causer trop de souci. Les co-procureurs ratent en beauté ce qui aurait dû être un moment-clé du procès.

mardi 21 juillet 2009

L’ancien interrogateur Prak Khân n’a semble-t-il pas peur de Duch ni des juges. Il apporte un témoignage précis sur les techniques d’interrogatoire et de torture, sur les formations, qui renvoient une image terrifiante de l’accusé, initiateur des pires modes de déshumanisation. La journée fut longue et tendue pour l’ancien directeur de S21 dont l’image se fissure. Prak Khân estime à 20 000 le nombre de personnes tuées dans ce centre de sécurité.

lundi 20 juillet 2009

Nil Nonn au procureur William Smith

lundi 20 juillet 2009

Le fossé entre l'accusation, les parties civiles et la défense ne cesse de s'agrandir. (Anne-Laure Porée)

Le témoignage de Him Huy est essentiel pour comprendre les exécutions pratiquées à Choeung Ek et en partie l’organisation de S21. Malheureusement les questions des co-procureurs et des avocats des parties civiles laissent la triste impression qu’ils ont oublié que l’accusé est Duch.

jeudi 16 juillet 2009

Him Huy est concentré et il n'a pas l'air intimidé par son ancien directeur. (Anne-Laure Porée)

Le témoignage de Him Huy est précis sur le fonctionnement de S21, à vous faire froid dans le dos. Il décrit clairement la réception des prisonniers, leur arrestation, leur transport vers S21 ou vers les lieux d’exécution, il est formel sur les procédures et détaille les méthodes d’exécutions. Quelques contradictions ou incertitudes apparaissent à l’interrogatoire mené par les autres juges, quand le président a bien voulu leur laisser la parole dans les 40 dernières minutes de la journée !

mercredi 15 juillet 2009

Mam Nay, ancien chef des interrogateurs de S21, bras-droit de Duch à M13

mercredi 15 juillet 2009

...Mam Nay sourit

Cette journée était consacrée aux questions des parties. Mais c’est Duch qui a pris la vedette. L’espace de quelques minutes, l’accusé a retrouvé son ancien visage, celui du directeur de S21, celui d’un homme autoritaire et efficace. Alors que Mam Nay, autrefois chef des interrogateurs, cumule les mensonges et les non-dits devant la cour, il est blâmé en public par l’accusé qui le somme de travailler pour l’histoire.

mercredi 15 juillet 2009

William Smith reproche à la défense de semer la confusion. (Anne-Laure Porée)

Depuis trois jours, le débat sur les risques encourus par les anciens subordonnés de Duch d’être poursuivis en justice pour les crimes commis sous le régime khmer rouge ponctue régulièrement les audiences. Les juges avaient décidé de se prononcer sur la notion d’entreprise criminelle commune (avancée par les co-procureurs) à l’heure du jugement mais la défense sonne l’alarme auprès des témoins. Ces intimidations et la légèreté des arguments de l’accusation risquent de peser sur le fond du procès.

mardi 14 juillet 2009

William Smith, co-procureur international

en bref

Ieng Thirith est morte

dimanche 23 août 2015

L’ancienne ministre des Affaires sociales du Kampuchea démocratique et ex-belle-sœur de Pol Pot, est décédée samedi 22 août à 10h30 à Païlin à l’âge de 83 ans. Elle avait été poursuivie dans le procès 002 aux côtés de son mari Ieng Sary (mort en mars 2013), Nuon Chea et Khieu Samphan pour génocide, crimes contre l’humanité et violations graves des conventions de Genève mais comme elle était atteinte d’une maladie dégénérative de type Alzheimer, elle avait été jugée inapte au procès et libérée en septembre 2012.

L’instruction en stand-by

mardi 17 janvier 2012

Après la démission du juge d’instruction Siegfried Blunk en octobre dernier, sous prétexte d’interférences politiques, aucun remplaçant n’a été nommé au côté du juge d’instruction cambodgien You Bunleng. La logique aurait été que le juge de réserve, le Suisse Laurent Kasper-Ansermet (en poste depuis décembre 2010), prenne le relais mais sa nomination du côté khmer, par le Conseil suprême de la magistrature tarde. La presse locale évoque un bras de fer engagé entre les Nations unies et le gouvernement cambodgien depuis plusieurs mois. Le juge Kasper-Ansermet estime que les raisons sont politiques car il est favorable à une instruction dans les très controversés cas 3 et 4. Pour la petite histoire, le juge You Bunleng qui refuse de collaborer avec le juge suisse tant qu’il n’est pas nommé officiellement par l’institution cambodgienne, siège justement au Conseil suprême de la magistrature…

Ieng Thirith : pas de libération, son état sera réévalué dans six mois

mardi 13 décembre 2011

La cour suprême avait prévenu qu’elle avait besoin d’un délai, elle a poussé jusqu’en fin de journée ce 13 décembre avant de rendre publique sa décision de ne pas relâcher Ieng Thirith et de réévaluer l’état de santé de l’accusée dans six mois. Pour rappel, la chambre de première instance avait considéré que Ieng Thirith n’était pas en état d’être jugée, compte tenu de sa santé (elle est atteinte d’une maladie de type Alzheimer) mais n’avait pu se déterminer sur quoi faire : la relâcher, la faire traiter pour tenter d’améliorer son état…
La cour suprême considère qu’un traitement médical doit être tenté sur une période de six mois, selon les recommandations du Pr Campbell. Elle déplore que toutes les mesures possibles n’aient pas été explorées pour améliorer la santé mentale de l’accusée.
La cour estime qu’une amélioration est peut-être accessible dans le temps nécessaire à la procédure. Si une hospitalisation est nécessaire pour l’administration du traitement, elle sera prise en charge par les CETC.
Le 13 décembre, une paysanne déclarait au tribunal : «Je ne comprends pas, j’ai beaucoup plus souffert de la faim que Ieng Thirith sous les Khmers rouges, j’ai beaucoup plus souffert de la faim qu’elle après les Khmers rouges, elle, elle mangeait bien avec les Khmers rouges. Pourquoi elle perd la mémoire et pas moi?» Pour nombre de Cambodgiens, la libération potentielle de Ieng Thirith serait incompréhensible.

CETC, demandez le programme !

mercredi 7 décembre 2011

La confusion régnait déjà le 6 décembre sur l’agenda de la cour, elle s’est prolongée ce mercredi 7 décembre. Klan Fit, partie civile venue du Ratanakiri, n’était pas en forme ce matin. Il n’a donc pas fini de répondre aux questions. Les juges sont passés à Romam Yun, autre partie civile venue du Ratanakiri. Mais après les questions du co-avocat principal des parties civiles et des co-procureurs, il était déjà midi, l’heure sacrée de la pause déjeuner. «Ahhhhh!» soupire alors le président Nil Nonn en regardant sa montre. «Le temps file et il reste encore beaucoup de choses à faire. Le déroulement de la procédure diffère un peu de ce que la chambre avait envisagé…»
Empêtré dans l’agenda ? Non… Le président décide, ça sauve les apparences. La défense n’a pas encore posé ses questions mais le président invite Romam Yun à revenir plus tard. Quand ? Aucune précision n’est donnée. Klan Fit devra revenir lui aussi. La défense ne l’a pas non plus interrogé. La priorité du jour est donnée à l’audition de Long Narin, qui a un état de santé fragile et qui doit être entendu en visio conférence.
En cas de problème, «quel est le plan B?», demande l’avocat de Nuon Chea, Andy Ianuzzy. Pas de plan B, tranche la juge Silvia Cartwright. «Il faut faire preuve de souplesse.»
La seule chose claire pendant ces deux jours c’est que l’accusation et les avocats des parties civiles cherchent à démontrer, par leurs questions, que la politique des Khmers rouges était en application dans les zones sous leur contrôle avant 1975.

La cour suprême ne tient pas les délais

mardi 6 décembre 2011

Cérémonie des 100 jours en hommage à Vann Nath. (Anne-Laure Porée)

Tandis que se déroule ce mardi la cérémonie des 100 jours en hommage à Vann Nath (photo), la cour suprême des CETC, qui avait promis un jugement final pour Duch avant la fin 2011 et l’a repoussé au 3 février 2012, accuse aujourd’hui un nouveau délai concernant Ieng Thirith. La cour suprême, saisie par le bureau des procureurs, avait quinze jours pour se prononcer sur le cas de l’ancienne ministre de l’Action sociale, que les magistrats de la chambre de première instance estiment inapte à être jugée. La cour suprême ne rendra pas sa décision dans le délai imparti, elle a repoussé à la date du 13 décembre en invoquant des «circonstances exceptionnelles». Le cas est complexe disent les juges…

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