« A l’étranger on confond Khmers et Khmers rouges. Grâce au tribunal, j’espère que les étrangers feront désormais la différence entre les Khmers et les Khmers rouges »
Sunthary Phung

Archives pour août 2009

Lundi 31 août 2009

Peu avant le début de l’audience du lundi 31 août, les parties civiles annoncent à la presse sur le parking du tribunal de Kambol qu’elles boycottent le procès suite aux décisions des juges, jeudi 27 août, de les écarter d’une partie de la procédure. Elles demandent à retrouver leurs droits. Pendant que les juges indifférents entament l’audition de deux experts sur la personnalité de l’accusé, elles se rendent au musée du génocide de Toul Sleng et aux charniers de Choeung Ek pour honorer l’âme des victimes de S21.

Dimanche 30 août 2009

John Vink, photographe belge de l’agence Magnum, n’aime pas les photographies spectaculaires. Il se qualifie volontiers de « photographe d’après-guerre » cherchant à traduire l’incidence des conflits sur les populations qui les ont subis. John Vink suit au quotidien le procès de Duch. Il a mis les pieds pour la première fois au Cambodge un jour de juin 1989 pour remplacer Françoise Huguier au pied levé et accompagner en reportage Serge Daney venu faire un état des lieux du Cambodge pour le journal Libération.
John Vink s’est fixé à Phnom Penh en 2000. Une sélection de ses photographies sur le procès est actuellement présentée à Phnom Penh à la Chinese House.

Jeudi 27 août 2009

Deux décisions annoncées ce jeudi 27 août par les juges mettent sur la touche les parties civiles. La première leur interdit de présenter des observations sur la peine qui sera prononcée contre l’accusé. La seconde décide que les avocats des parties civiles ne poseront pas de questions à Duch dans la dernière phase de ce procès consacrée à l’étude de sa personnalité, ni aux témoins de moralité convoqués dans ce cadre. Les parties civiles sont réduites au rôle d’observateurs muets. A quelques jours de l’Assemblée plénière (qui travaille sur le règlement intérieur et donc le fonctionnement du tribunal), cette radicalité est un signal adressé à ceux qui veulent écarter les parties civiles du procès numéro 2 et plus largement des tribunaux internationaux.

Mardi 25 août 2009

Chhim Sotheara, directeur de TPO (Transcultural Psycho-social Organization), une organisation qui gère des programmes sur la santé mentale dans différentes provinces du Cambodge et qui fournit son assistance au tribunal, est invité par la Chambre à raconter comment le régime khmer rouge a traumatisé les Cambodgiens. L’impact du procès est aussi au cœur des questions. Chhim Sotheara estime que le processus judiciaire constitue une étape nécessaire vers la réconciliation et la guérison. Néanmoins, face à des interrogations fondamentales (le brouillage pervers des bourreaux se faisant passer pour des victimes), l’expert s’est révélé fuyant ou s’est cantonné à des généralités.

Lundi 24 août 2009

Alors que le tribunal a entendu toute la semaine dernière des parties civiles qui ont perdu quelqu’un de leur famille à S21 mais n’ont jamais été elles-mêmes à S21, les juges écoutaient ce lundi 24 août Chum Neou, dont le mari a en effet été exécuté à S21 et qui a elle-même été détenue à S24 pendant près de deux ans. Sa place aurait davantage été dans la foulée de Chim Meth, l’ancienne Khmère rouge prisonnière de S24 qui a témoigné le 9 juillet. D’où une étrange impression de décalage, de faire machine arrière dans le procès.

Jeudi 20 août 2009

Chum Sirath partie civile

Jeudi 20 août 2009

C’était jeudi 20 août. Une date clé. La déposition de Chum Sirath dont deux frères (Narith et Sinareth), une belle-sœur et un neveu ont été exécutés à S21, a fait l’effet d’une poussée d’adrénaline. Dans sa déposition, il a choisi pudiquement de taire la douleur et de défier Duch sur le terrain intellectuel. Chum Sirath, qui a l’aisance et le talent d’un tribun populaire, a entrepris de démonter certaines lignes de défense en gagnant le public à sa cause. Il a remporté la plus belle des victoires en étant contacté, une heure après sa déposition, par la famille de sa belle-sœur qu’il cherche depuis trente ans.

Mercredi 19 août 2009

Im Sunthy et sa fille Sunthary Phung-Guth siègent sur le banc des parties civiles depuis le début du procès, prenant des notes à chaque audience. Mais ce mercredi 19 août elles ont parlé face aux juges pour dessiner le portrait de Phung Ton, ancien recteur de l’université de Phnom Penh qui a hanté certains jours le prétoire et fait craquer Duch. Mais pas aujourd’hui. L’accusé campe sur ses positions. La famille Phung n’obtient aucune réponse.

Mercredi 19 août 2009

Duch à Im Sunthy et sa fille

Mardi 18 août 2009

Dans la journée du mardi 18 août, trois parties civiles cambodgiennes étaient entendues par la cour. Les deux premières sont mises en cause par l’accusé. Le dernier, non contesté, rend un hommage à son frère qui restera dans les annales du procès parmi les moments les plus intenses.