Procès des Khmers Rouges Kampot by Cleho
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Archives pour juin 2011

jeudi 30 juin 2011

«Quand je vois Nuon Chea porter un bonnet et des lunettes noires, je pense au dicton ‘quand on est chargé de tuer des cochons il ne faut pas avoir peur de l’eau chaude’. Nuon Chea se comporte comme s’il ne fallait pas que le public le reconnaisse, il a le visage de quelqu’un qui a […]

jeudi 30 juin 2011

Khieu Samphan s'exprime en s'adressant surtout au public de la salle d'audience qui était pleine. (Anne-Laure Porée)

Dès l’ouverture de la journée d’audience, Khieu Samphan demande par l’intermédiaire de son avocat cambodgien à intervenir sur la liste des témoins. Son avocat français Jacques Vergès est absent. Le président de la cour demande à Khieu Samphan d’attendre son tour de parole. L’ancien chef de l’Etat patiente. Puis il réclame que ses témoins à lui aussi soient entendus par la cour.

jeudi 30 juin 2011

nuon chea brv

L’audience à peine entamée, Nuon Chea portant bonnet et lunettes noires demande à quitter le tribunal. Il procède de la sorte depuis l’ouverture du procès lundi 27 juin 2011, provoquant des commentaires choqués, amusés ou étonnés par son autorité naturelle. «Mon nom est Nuon Chea. Monsieur le président, madame, messieurs les juges, et chers compatriotes, […]

jeudi 30 juin 2011

Ieng Sary, caché par son avocat Michael G.Karnavas. (Anne-Laure Porée)

Entre la deuxième et la troisième journée d’audience initiale, les débats, inaccessibles ou soporifiques, ont porté sur un des chefs d’accusation : les graves violations des Conventions de Genève et leur prescription. Le débat suivant s’annonçait du même acabit mais s’est révélé plus accrocheur. La question centrale des débats était : peut-on juger les accusés pour des crimes relevant du seul droit cambodgien inscrit dans le code pénal de 1956 ? Peut-on les poursuivre pour homicide, torture et persécution religieuse ? L’enjeu est de taille car plus il y a de chefs d’inculpation, plus il y a de condamnations potentielles.

mercredi 29 juin 2011

L'ancien ministre des Affaires étrangères khmer rouge, Ieng Sary, sort régulièrement du prétoire et invoque des problèmes de santé pour quitter les audiences. (CETC)

Ieng Sary, 85 ans, est un cas juridiquement à part. Poursuivi pour génocide, crimes contre l’humanité et violations graves des Conventions de Genève commis entre 1975 et 1979, il ne cesse depuis son placement en détention provisoire le 14 novembre 2007, de clamer que ces poursuites sont illégales. Ieng Sary, condamné par contumace en août 1979 par un tribunal à Phnom Penh, avait bénéficié en 1996 d’une amnistie et d’une grâce royale. Il considère que cette amnistie et cette grâce s’appliquent toujours.

mardi 28 juin 2011

Nuon Chea, dit frère numéro 2 sous les Khmers rouges, portait un bonnet pour se protéger contre le froid de la climatisation et ses habituelles lunettes noires. (Anne-Laure Porée)

9 h. Pour ceux qui ne siègent pas dans la salle d’audience, le procès numéro 2 s’ouvre sans autre image des accusés qu’un plan large, flou et fugitif. Piètre introduction pour un procès historique. L’équipe audiovisuelle du tribunal respecte là son cahier des charges : elle n’est censée filmer que ceux qui parlent. Or les accusés n’ont pas la parole. Sans compter que la caméra est placée de telle sorte que les avocats de la défense cachent leur client. A la pause, l’équipe rectifie heureusement le tir et Nuon Chea, vêtu d’un bonnet noir à rayures blanches et de ses habituelles lunettes noires apparaît à l’écran à 9h40.

lundi 27 juin 2011

200 étudiants sont venus assister à la première audience du procès contre Khieu Samphan, Nuon Chea, Ieng Sary et Ieng Thirith. (Anne-Laure Porée)

Beaucoup ont longtemps cru que le procès des anciens dirigeants khmers rouges n’aurait jamais lieu mais ce matin, les quatre plus hauts responsables du régime encore en vie font face aux juges. Ces audiences dites techniques doivent permettre entre autres d’entendre une série d’arguments préliminaires des avocats de la défense. Les audiences sur le fond sont prévues, selon le procureur, en septembre.

samedi 25 juin 2011

Mom Kim Sèn, le 31 mai 2011 à S21. (Anne-Laure Porée)

Mom Kim Sèn était khmère rouge, bien avant que les hommes de Pol Pot prennent Phnom Penh en avril 1975. «J’enterrais les cadavres des soldats morts sur le front.» La vie de khmère rouge de Mom Kim Sèn bascule en mars 1977 alors qu’elle travaille dans une ferme d’élevage de 30 000 cochons à Preak Prœu, dans les environs de la capitale. «D’abord ils ont arrêté le chef, puis quinze d’entre nous.»

en bref

Ieng Thirith est morte

dimanche 23 août 2015

L’ancienne ministre des Affaires sociales du Kampuchea démocratique et ex-belle-sœur de Pol Pot, est décédée samedi 22 août à 10h30 à Païlin à l’âge de 83 ans. Elle avait été poursuivie dans le procès 002 aux côtés de son mari Ieng Sary (mort en mars 2013), Nuon Chea et Khieu Samphan pour génocide, crimes contre l’humanité et violations graves des conventions de Genève mais comme elle était atteinte d’une maladie dégénérative de type Alzheimer, elle avait été jugée inapte au procès et libérée en septembre 2012.

L’instruction en stand-by

mardi 17 janvier 2012

Après la démission du juge d’instruction Siegfried Blunk en octobre dernier, sous prétexte d’interférences politiques, aucun remplaçant n’a été nommé au côté du juge d’instruction cambodgien You Bunleng. La logique aurait été que le juge de réserve, le Suisse Laurent Kasper-Ansermet (en poste depuis décembre 2010), prenne le relais mais sa nomination du côté khmer, par le Conseil suprême de la magistrature tarde. La presse locale évoque un bras de fer engagé entre les Nations unies et le gouvernement cambodgien depuis plusieurs mois. Le juge Kasper-Ansermet estime que les raisons sont politiques car il est favorable à une instruction dans les très controversés cas 3 et 4. Pour la petite histoire, le juge You Bunleng qui refuse de collaborer avec le juge suisse tant qu’il n’est pas nommé officiellement par l’institution cambodgienne, siège justement au Conseil suprême de la magistrature…

Ieng Thirith : pas de libération, son état sera réévalué dans six mois

mardi 13 décembre 2011

La cour suprême avait prévenu qu’elle avait besoin d’un délai, elle a poussé jusqu’en fin de journée ce 13 décembre avant de rendre publique sa décision de ne pas relâcher Ieng Thirith et de réévaluer l’état de santé de l’accusée dans six mois. Pour rappel, la chambre de première instance avait considéré que Ieng Thirith n’était pas en état d’être jugée, compte tenu de sa santé (elle est atteinte d’une maladie de type Alzheimer) mais n’avait pu se déterminer sur quoi faire : la relâcher, la faire traiter pour tenter d’améliorer son état…
La cour suprême considère qu’un traitement médical doit être tenté sur une période de six mois, selon les recommandations du Pr Campbell. Elle déplore que toutes les mesures possibles n’aient pas été explorées pour améliorer la santé mentale de l’accusée.
La cour estime qu’une amélioration est peut-être accessible dans le temps nécessaire à la procédure. Si une hospitalisation est nécessaire pour l’administration du traitement, elle sera prise en charge par les CETC.
Le 13 décembre, une paysanne déclarait au tribunal : «Je ne comprends pas, j’ai beaucoup plus souffert de la faim que Ieng Thirith sous les Khmers rouges, j’ai beaucoup plus souffert de la faim qu’elle après les Khmers rouges, elle, elle mangeait bien avec les Khmers rouges. Pourquoi elle perd la mémoire et pas moi?» Pour nombre de Cambodgiens, la libération potentielle de Ieng Thirith serait incompréhensible.

CETC, demandez le programme !

mercredi 7 décembre 2011

La confusion régnait déjà le 6 décembre sur l’agenda de la cour, elle s’est prolongée ce mercredi 7 décembre. Klan Fit, partie civile venue du Ratanakiri, n’était pas en forme ce matin. Il n’a donc pas fini de répondre aux questions. Les juges sont passés à Romam Yun, autre partie civile venue du Ratanakiri. Mais après les questions du co-avocat principal des parties civiles et des co-procureurs, il était déjà midi, l’heure sacrée de la pause déjeuner. «Ahhhhh!» soupire alors le président Nil Nonn en regardant sa montre. «Le temps file et il reste encore beaucoup de choses à faire. Le déroulement de la procédure diffère un peu de ce que la chambre avait envisagé…»
Empêtré dans l’agenda ? Non… Le président décide, ça sauve les apparences. La défense n’a pas encore posé ses questions mais le président invite Romam Yun à revenir plus tard. Quand ? Aucune précision n’est donnée. Klan Fit devra revenir lui aussi. La défense ne l’a pas non plus interrogé. La priorité du jour est donnée à l’audition de Long Narin, qui a un état de santé fragile et qui doit être entendu en visio conférence.
En cas de problème, «quel est le plan B?», demande l’avocat de Nuon Chea, Andy Ianuzzy. Pas de plan B, tranche la juge Silvia Cartwright. «Il faut faire preuve de souplesse.»
La seule chose claire pendant ces deux jours c’est que l’accusation et les avocats des parties civiles cherchent à démontrer, par leurs questions, que la politique des Khmers rouges était en application dans les zones sous leur contrôle avant 1975.

La cour suprême ne tient pas les délais

mardi 6 décembre 2011

Cérémonie des 100 jours en hommage à Vann Nath. (Anne-Laure Porée)

Tandis que se déroule ce mardi la cérémonie des 100 jours en hommage à Vann Nath (photo), la cour suprême des CETC, qui avait promis un jugement final pour Duch avant la fin 2011 et l’a repoussé au 3 février 2012, accuse aujourd’hui un nouveau délai concernant Ieng Thirith. La cour suprême, saisie par le bureau des procureurs, avait quinze jours pour se prononcer sur le cas de l’ancienne ministre de l’Action sociale, que les magistrats de la chambre de première instance estiment inapte à être jugée. La cour suprême ne rendra pas sa décision dans le délai imparti, elle a repoussé à la date du 13 décembre en invoquant des «circonstances exceptionnelles». Le cas est complexe disent les juges…

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