Procès des Khmers Rouges Kampot by Cleho
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samedi 25 juin 2011

Mom Kim Sèn était khmère rouge, bien avant que les hommes de Pol Pot prennent Phnom Penh en avril 1975. «J’enterrais les cadavres des soldats morts sur le front.» La vie de khmère rouge de Mom Kim Sèn bascule en mars 1977 alors qu’elle travaille dans une ferme d’élevage de 30 000 cochons à Preak Prœu, dans les environs de la capitale. «D’abord ils ont arrêté le chef, puis quinze d’entre nous.»




Sur les panneaux du musée de Toul Sleng, Mom Kim Sèn a retrouvé sa propre photo ainsi que celle de sa sœur et de sa mère. (Anne-Laure Porée)



Trente-quatre ans plus tard l’incompréhension se lit encore dans le regard de Sèn. «On nous a rassemblés, on nous a accusés d’être des traîtres. Ma sœur et ma mère ont été arrêtées avec moi.» Le groupe est conduit à S24, l’annexe la moins connue de S21. Elle décrit le régime du travail forcé, de la faim qui tenaille, les nuits enfermée dans un dortoir avec les autres. «Pieds contre pieds, dos contre dos, on ne pouvait plus bouger.» Pendant presque deux ans. Spontanément, elle raconte deux épreuves qui furent ses victoires, comme un sursis gagné après un arrêt de mort. «Un soir ils m’ont réveillée, j’ai reçu l’ordre de trouver dix sangsues pendant la nuit. Je les ai ramenées, j’ai pu reprendre le repiquage du riz. Une autre fois, ils m’ont demandée de fabriquer une corde à partir de feuilles de palmier. J’avais trois jours pour produire 100 m de corde si je voulais rester en vie.»


Le conseil des voisins
Pour Sèn, 61 ans, les souvenirs sont pénibles mais la découverte de sa photo sur les panneaux du musée de Toul Sleng, au milieu de tous ces morts, est un véritable choc. Les journalistes, venus en masse rencontrer l’ancienne prisonnière de S24, lui demandent de pointer du doigt sa photo. Elle s’exécute, l’émotion déborde. Elle tente en vain de retenir ses larmes. «A chaque visite je pleure. En me voyant sur cette photo, je n’arrive pas à croire que je suis encore vivante.» C’est la deuxième fois qu’elle vient au musée, qu’elle traverse ses salles, qu’elle croise ces regards fantômes. Devant sa photo d’identité, elle s’excuse presque de n’être pas aussi maigre que d’autres : «A l’époque j’avais 27 ans, j’avais le corps gonflé par la faim».

Si Sèn se retrouve aujourd’hui sur le site de S21, c’est grâce à ses voisins. «Ils m’ont dit qu’il existait plein de photos au musée de Toul Sleng. Je suis venue chercher des traces de mes proches, disparus sous les Khmers rouges.» La surprise, c’est qu’elle ne trouve trace que des vivantes : la photo de sa mère, Kœut Hen, et celle de sa sœur cadette, Mom Kim Sieng, qui vivent près d’elle dans la province de Kompong Cham.


Trois noms de plus
Pour Dim Sovannarom, qui orchestre les visites au tribunal et à S21, ce témoignage illustre la proximité des CETC et de la population. «Il y a un tribunal en scène et un tribunal en coulisses…», confie-t-il avec fierté. «Le rôle du tribunal est d’informer. Grâce à Mom Kim Sèn, les Cambodgiens se rendent compte qu’après trois décennies, on trouve encore des traces. En général, les personnes sur les photos à S21 ont été tuées sous les Khmers rouges, cette exception mérite d’être mentionnée. C’est une belle histoire qui donne de l’espoir aux Cambodgiens.» Pour la direction du musée, qui va questionner Sèn au calme, voilà des informations précieuses : trois noms de plus parmi des milliers d’inconnus.

Alors que le tribunal ouvre le procès numéro 2 lundi 27 juin, Sèn, comme de nombreux Cambodgiens, n’attend qu’un verdict contre les anciens hauts responsables khmers rouges : la perpétuité.

Un Commentaire sur "« En me voyant sur cette photo, je n’arrive pas à croire que je suis encore vivante »"

  1. Preeti dit :

    Des occidentaux, amis ou cnanaissonces de passage, des gens non Chinois, souvent francophones, globalement bien intentionne9s, souvent intelligents, cultive9s, e9duque9s et plus meame sans affinite9s mais en passant longuement par l’universite9 ou d’autres e9tablissements d’apprentissage de haut niveau, souvent lie9s e0 l’e9conomie et au commerce, m’ont dit e0 plusieurs reprises : ab Il faut leur laisser du temps, ce qu’ils accomplissent est de9je0 extraordinaire. Nous, on ne peut pas se rendre compte… bb Je mets les guillemets parce que j’ai de9je0 entendu e7a mot pour mot sans que la formulation de9range… Je vais encore citer le grand Karl, dans un article intitule9 la mentalite9 de marche9 est obsole8te Le premier sie8cle de l’c8re de la machine s’ache8ve dans la crainte et l’anxie9te9. Ses re9ussites mate9rielles colossales s’expliquent par la soumission volontaire et, il faut le dire, enthousiaste de l’homme aux besoins de la machine. Ces gens que tu qualifie de souvent intelligents, cultive9s, e9duque9s et plus meame sans affinite9s mais en passant longuement par l’universite9 ou d’autres e9tablissements d’apprentissage de haut niveau ne sont rien d’autres que des esclaves amoraux, formate9s e0 eatre les esclaves de la machine. Et de voir l’humanite9 que de9teste tant leurs maeetres, e7a les rend enthousiaste, naturellement, parce qu’ils vivent dans un monde absurde, le monde de la servitude volontaire. Ils n’aiment pas les hommes et les pays, juste leur syste8me auquel ils croient comme ces preatres e9vange9listes, ils n’aiment pas les peuples qu’ils viennent convertir, ils n’aiment que leur conversion. Ce n’est pas la haine violente, brutale, qui s’exprime avec agressivite9, c’est la haine perverse, embrassant sa victime pour mieux l’e9touffer. Ils ne sont pas enthousiaste pour la Chine, ils sont enthousiaste pour la grande transformation e0 laquelle ils assistent. Tu imagines un chre9tien, born again lambda, assister e0 un remake (grossier certes, mais bon) de la re9surrection de Je9sus? Imagines ce qu’il peu se passer en lui, dont la simple prononciation du mot Je9sus le met en transe? Et bien ils sont pareils, c’est exactement e7a! Ce sont des bigots qui assistent e0 une reconstitution grandeur nature de la naissance de leur religion. Et s’il fallait les appeler les transforme9s ? Pendant ce temps, la France perd Ferrat, (Pierre Haski e9crit un me9diocre article sur lui au passage). Lui qui n’e9tait qu’un compagnon de route pour le pcf (des communistes l’ont sauve9 et cache9 des nazis pendant la guerre, e7a marque), chantait Camarade , Le Bilan ou encore dans la jungle ou dans le zoo , e0 la une entre autre en ve9rite9, sa cause, c’e9tait Antraigues sur volane , tout les Antraigues sur volane du monde, dont la religion de ces gens e0 jure9 la disparition.(5 000 personnes pour assister aux obse8ques, une e9motion populaire surprenante pour un chanteur d’abord censure9 puis absent depuis 5 de9cennies, au be9ne9fices des entreprises d’abrutissement des johnny ou des michel sardou )ps: Jacques Tati sur France 2!!! Dans le meame esprit en fait!

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